• Simone

    Simone Veil fait partie de notre patrimoine commun, depuis longtemps déjà. 

    Parce qu'en prononçant son nom, on convoque tout à la fois : la patrie, la laïcité, la fraternité, l'héroïsme, le rassemblement, la parité, la Nation, la République, l'esprit de résistance. Rien dans son parcours ne laisse indifférent. Qu'il s'agisse de son adolescence à Auschwitz, de la Shoah, de cette souffrance où elle a sans aucun doute puisé sa force et sa ténacité, de son passage à la présidence du Parlement européen ou de son entrée sous la coupole des "Immortels" à l'Académie française, de son engagement auprès des malades du sida, des handicapés, des prisonniers, un aspect que l'on connait moins, et bien sûr de sa loi sur l'avortement.

    Nombre de femmes ont été marquées par les débats en 1974 pour la légalisation de l'IVG. (J'avais douze ans et pourtant ... je me souviens ... ). On a été marqué par cette femme "de droite", qui portait un projet issu de Mai-68, un projet de femmes de gauche : c'était le "Manifeste des 343 salopes" dans la société de l'époque, conservatrice, fermée, bloquée. On a été marqué par le déferlement de violence et de haine, où des hommes de droite, de son propre camp, l'accusent de délivrer "un permis légal de tuer" et l'accusent de présenter "un projet digne des nazis".  Il fallait être solide pour faire face à ça. Et que l'on soit pour ou contre l'avortement, que l'on trouve ça bien ou mal, moral ou pas, il n'empêche : cette loi fait partie de ces lois de société qui ont changé la vie d'un grand nombre de femmes.

    Source : RTL.FR

    Merci, Madame Veil, je suis très fière d'avoir été votre contemporaine.

     

    "Je crois qu'on ne revient jamais de la déportation. Pour ceux de mes camarades, que j'ai connus au camp, que j'ai connus depuis, je sais qu'il en est de même. On n'en revient jamais, parce qu'on est marqués pour toujours. On a vécu, je ne dirais pas une telle expérience, mais un tel mo­ment qu'on ne pouvait imaginer, que toute la vie on reste marqués. Je me dis très souvent que le jour de ma mort, si je suis encore consciente, c'est à la Shoah que je penserai. J'ai pourtant une vie très heu­reuse, un mari très gentil que j'ai épousé il y a plus de soixante-deux ans, eh bien, je ne peux pas oublier la Shoah. Je ne peux pas l'oublier parce que nous n'étions plus sur terre ; nous ne vivions plus avec les êtres humains, tout était impossible à croire... Alors je me suis souvent demandé : "Comment est-ce que cela a pu arriver ? Comment est-ce que nous avons pu supporter cela ?" Et pourtant, nous avons survécu. Nous avons survécu, mais nous avons gardé toujours, intérieurement, entre nous, un langage particulier. Quand je regarde aujourd'hui et que je me dis : "Quels sont mes amis les plus chers ?". Mes amis les plus chers sont ceux que j'ai connus au camp. Pas parce qu'ils sont plus aimables, plus gentils... mais parce qu'entre nous les liens sont tout à fait exceptionnels, Je pense à certains en parti­culier, qui restent dans ma vie ; ils y sont présents en permanence ; je me dis que si j'ai un coup de cafard, que j'ai envie de parler, c'est à eux que je parlerai. [...] C'est vrai que nous sommes rentrés un peu fous... Mais en même temps, de nous voir, d'avoir survécu, de nous aimer entre nous, et d'aimer en­core la vie, et surtout d'avoir eu des enfants - car la plupart d'entre nous avons fait beaucoup d'enfants -, et d'avoir eu encore envie de vivre dans l'humanité, je trouve que c'est une belle revanche sur le nazisme".

    Simone Veil, le 18 juin 2009, au Mémorial de Caen.

    « Un jour à 40° et + . . .Tête de maure ... »

  • Commentaires

    1
    Magitte
    Jeudi 6 Juillet à 14:42

    Moi également, je suis fière de tout ce que vous avez fait : pour tous  !

    Que ne peut-on avoir à nouveau une autre Simone VEIL ?  Celle-ci redorerait sans aucun doute le blason se la France.... Mais actuellement, chacun ne voit que les profits auxquels il peut prétendre !

    Triste époque !

      • Jeudi 6 Juillet à 19:01

        Il y aura d'autres Simone, bien sûr, qui correspondront à leurs époques, comme Olympe de Gouge ou Blandine en leurs temps ...

        Je ne suis pas inquiète sur ce sujet. Je suis davantage préoccupée par la rapidité avec laquelle on risque d'oublier Mme Veil et ses combats. Elle était pour moi, d'une certaine manière, une forme de rempart contre d'éventuelles répétitions inacceptables, son image me semblait protectrice. La mémoire étant ce qu'elle est ( = volatile), les survivants de la shoah s'éteignant de plus en plus calmement ... combien de temps reste-t-il à notre mémoire avant qu'elle ne s'éteigne à son tour ? voilà ce qui m'inquiète.

    2
    Jeudi 6 Juillet à 18:24

    Il n'est plus question de droite ou de gauche mais de combats POUR la vie....la force de cette femme pour regagner les rangs de son parti où tant de "mâles" l'avaient salie.....ces clivages de Droite ou de Gauche .....ressemblent, à être pour tout ce qui est contre et être contre tout ce qui est pour....et quand la mort vient à frapper..de quel coté vient elle ?.....du centre ?(là j'ai coupé l'herbe sous le pied à certains...).

    Content de ton retour.

      • Jeudi 6 Juillet à 19:02

        Merci ma poule.

        Oui. C'est exactement ce qu'elle a représenté. Elle était de droite, mais a mené des combats sans étiquettes.

        Parce qu'ils étaient JUSTES !

    3
    Vendredi 7 Juillet à 10:12

    avec toutes les epreuves de sa vie, elle a resisté

    elle devait avoir de la potion magique fabriquée a sa sauce

      • Vendredi 7 Juillet à 18:28

        Wéwéwéééé ... sa potion s'appelait résilence.

    4
    Samedi 8 Juillet à 19:29

    Bel hommage ... ça mort m'a rendu bien triste : une grande bonne femme !!!

    5
    Lundi 10 Juillet à 11:07

    je ne comprendrai jamais pourquoi on ne reconnait la grandeur -entre autres- de quelqu'un, qu'à sa mort. Serait-ce faire bien peu de cas des vivants ? Je pense qu'elle savait, elle, ce que c'était que d'être vivant. Et c'est sûrement ce qui lui a donné sa volonté indéfectible de batailler, encore et encore.

    deux mots : merci Madame.

     

      • Mardi 11 Juillet à 18:25

        Heu ... en l'occurence, on n'a pas attendu sa mort pour reconnaitre ses qualités. Cela a toujours été dit de son vivant et elle a toujours inspiré le respect (d'une manière générale).



    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :